LE CAIRE (AFP) 18/04/08 — Rare voix dans le désert, l'acteur Amr Waked crie au scandale que des séropositifs aient été jetés en Egypte en prison comme homosexuels "débauchés".
"Insensé qu'on puisse faire cela dans notre pays !", affirme à l'AFP ce jeune comédien à la carrière internationale qui s'était attiré les foudres des "politiquement corrects" pour avoir osé tourner en compagnie d'Israéliens.
Avec un autre jeune acteur, Khaled Aboul Naga, récemment nommé Ambassadeur de bonne volonté de l'UNICEF, il s'est engagé pour que l'Egypte regarde en face le fléau du sida.
"Il faut que cesse un amalgame absurde, stigmatisant et contraire à la lutte contre le sida", dit-il, conscient d'incarner une nouvelle génération désireuse d'en finir avec tous les tabous, du sexe à la politique.
La semaine dernière, ce sont cinq homosexuels, dont quatre séropositifs, qui ont été condamnés par un tribunal du Caire à des peines de trois ans de prison pour "débauche".
"Trois ont éclaté en larmes, et les deux autres étaient tétanisés", raconte à l'AFP Hossam Bahgat, directeur de l'ONG, Egyptian Initiative for Personal Rights (EIPR), l'une des rares à se mobiliser dans ce domaine.
Selon un article de la Loi n°10 de 1961, sont visés par le terme de "débauche" des prostitués homosexuels, ce que les condamnés n'ont pas admis. L'homosexualité n'est officiellement pas considérée comme un délit.
Sitôt arrêtés, la police les a forcés à subir des tests du sida, révélant pour certains une séropositivité. Ils avaient alors été enchaînés à des lits d'hopitaux avant de passer en jugement.
"Ils ont fait appel, mais restent en prison. Nous ignorons s'ils peuvent recevoir des soins", dit à l'AFP Wessam al-Beih, directrice Egypte du programme des Nations unies pour le sida (ONUSIDA).
Depuis octobre, sept autres homosexuels avaient été arrêtés, subissant ces tests VIH et des insultes, et avaient été menottés à des lits, indique Hossam Baghat. Trois ont été relâchés, et quatre condamnés à un an de prison.
Si la presse et la plupart des ONG locales ne s'en sont guère émues, 117 ONG de 41 pays, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont dénoncé les rafles et ces tests illégaux avec la complicité de médecins.
"A la différence d'autres affaires dans le passé, il ne semble pas qu'il s'agisse surtout d'une nouvelle attaque homophobe, mais plus d'une offensive anti-sida par des moyens sécuritaires", estime Bahgat.
En 2001, une rafle dans une discothèque arrimée à une corniche du Caire, le "Queen Boat", avait abouti à un procès contre 52 homosexuels. La moitié avaient été condamnés pour débauche et atteinte à l'islam.
Pour Amr Waked, "l'ignorance du sida reste abyssale avec le poids des préjugés religieux". "Ces condamnations auront pour effet de renforcer les préjugés tout en rendant plus difficile la prévention anti-sida", estime-t-il.
"Ces condamnations sont très préoccupantes, accréditant l'idée fausse que le sida n'est pas une maladie à traiter mais un crime à punir. Les gens auront peur de faire des tests volontaires" commente aussi Khaled Aboul Naga.
Interrogé par l'AFP sur le sida, Mohamed Saleh, un cheikh d'al-Azhar, la plus haute autorité islamique, n'hésite pas une seconde: "C'est une maladie envoyée par Allah pour punir les déviants sexuels !".
Pendant des années, les autorités ont nié, ou minoré à l'extrême, l'existence du sida en Egypte. Aujourd'hui encore, les estimations officielles n'ont pas fiabilité.
"La fourchette va de 2000 à 17.000 personnes vivant avec le virus, mais l'Egypte est un des pays à plus forte croissance du sida", estime Wessam el-Beih, indiquant que "80 % des femmes ont été contaminées par leur époux".
Pour Amr Waked, qui a joué dans le film "Aquarium" dans lequel la séropositivité hétérosexuelle est évoqué: "l'Egypte commence à bouger, toute une génération n'attend que cela".




Ce matin, corriger mes paquets de copies est une vraie torture. Ca me flanque un mal de dos épouvantable et j'ai l'impression d'avoir une chappe de plomb sur les épaules. Dur dur !! Bon, allez j'y retourne... Pfffffffffffff ce que ça peut être chiant comme activité, parfois...
Hier j’ai vu ma psy, avec qui ça se passe très bien… Je lui ai à nouveau parlé de toi, de nous deux, de l’incapacité dans laquelle nous sommes à nous parler… Comme je lui avais dit que j’étais angoissé hier matin à l’idée de la voir en arrivant à l’hôpital, elle m’a dit que c’était normal, car parler de son intimité peut être angoissant et qu’il en allait de même pour toi. Elle a raison : ce dont je souhaite que nous parlions t’angoisse, c’est clair… C’est bien parce que tu n’as pas digéré cette vieille histoire, elle te pose un problème, elle est comme une épine dans ton pied. Tu vois, tu m’as dit d’aller voir un psy parce que j’avais un problème, et je t’ai pris au mot, parce que c’est vrai qu’en ce moment avec ma maladie et les bouleversements qu’elle provoque dans ma vie, j’ai des problèmes. Ce n’est pas une honte et j’ai besoin de ce travail sur moi-même avec ma psy et sur mon blog (où je fais allusion à toi régulièrement d’ailleurs).
Depuis plus d’un an, je suis complètement « en chantier » : tout d’abord, ma maladie m’est revenue en pleine figure et je dois m’organiser pour vivre en en tenant compte et non plus en faisant comme si je n’avais rien (ce que j’avais fortement tendance à faire les premières années) ; ensuite mon métier m’est devenu insupportable et je dois revoir complètement mon avenir professionnel, pour l’instant je suis dans un flou artistique mais bon, je fais aller, j’apprends à vivre au jour le jour sans trop me projeter ; enfin, ma maladie me renvoie à tout ce qui dans mon existence est remis sur la table, ma sexualité qui change pas mal depuis quelques mois : je ne suis plus coureur de caleçons comme j’étais (est-ce que ça va durer ? peut-être ; j’apprends à être fidèle sexuellement à mon compagnon, ce qui est chez moi une véritable révolution, et je gère mon stresse et mon angoisse autrement que par des rapports sexuels débridés) ; mes relations amicales qui sont devenues plus délicates à gérer car ma maladie rejaillit sur mon rapport aux autres et je dois apprendre à gérer ça, ce qui n’est pas évident ; enfin je suis ramené à tout ce qui dans mon passé n’a pas été réglé et que je voudrais régler dans cette période charnière que je traverse entre ma vie d’avant et cette vie nouvelle que je pressens et qui est encore à l’état d’embryon… 
Aujourd’hui, je n’ai pas le moral : ma maladie, mes problèmes professionnels, le fait que je sois enfermé chez moi et pas au travail comme tout le monde, le contexte général dans lequel nous sommes plongés, tout ça fait que je me sens déprimé. Je n’ai même pas reçu de copies à corriger, ça m'aiderait pourtant à penser à autre chose. Elles arriveront probablement demain midi. Quant à la thèse, elle me fait fuir, je ne suis pas psychologiquement en état d’y travailler… Bref, je suis face à mes angoisses et j’ai un grand poids dans la poitrine. Je me sens inquiet de l’avenir, de ce qui m’attend. J’ai peur de perdre à terme ce qui me reste, à savoir mon emploi adapté et mon salaire, déjà que j’ai perdu la santé… Je suis fatigué de me battre.
Cette journée a été bizarre : le repas à la délégation s’est bien passé, très sympathique comme d’habitude, mais le temps de parole qui a suivi (dont je ne peux pas révéler le contenu, c’est le principe de confidentialité qui prévaut) m’a désorienté et angoissé, j’en suis sorti plus mal que quand j’y suis entré… Bon, enfin, ce n’est pas très grave. J’ai voulu ensuite aller nager à la piscine : fermée pour nettoyage… Deuxième déception de la journée, j’aurais pourtant eu bien besoin de me dépenser un peu physiquement. Je trouve ensuite des infos très inquiétantes sur le web, démontrant une fois de plus que la démocratie fout le camp dans notre « beau pays », c’est de plus en plus « police partout, justice nulle part » et ça me déplaît au plus haut point… Je me sens de plus en plus personnellement visé par la politique ultra-réactionnaire de la droite sarkozyste : fonctionnaire, enseignant et malade, je cumule tous les défauts qui font de moi un

Tu n’es pas mon ex, pour la simple et bonne raison qu’il n’y a pas eu de relation aboutie entre nous. Pourtant, je découvre au bout de 25 ans que tu as, selon toute vraisemblance, éprouvé des sentiments et des désirs pour moi, comme j’en ai éprouvé pour toi : ta gêne, ta fuite, ton silence quand je souhaite t’en parler, alors que pour ma part je t’ai dès le début fait part de l’amour que j’éprouvais pour toi, puis que j’ai transformé en sincère affection amicale, sont là pour me le démontrer. Tu n’es même pas capable, toi l’homme marié, d’assumer devant moi, en me regardant dans les yeux, l’hétérosexualité à laquelle tu prétends. Inutile de te dire que l’hétéro qui ne s’assume pas, ce n’est absolument pas crédible. Je te vois désormais comme un bisexuel qui ne s’assume pas, emmuré dans sa honte et son silence, alors qu’il n’y a rien, strictement rien, de honteux. Des mecs qui vivent ce que tu vis, il y en a des milliers, des millions… Quand j’ai évoqué cette possibilité, il y a plusieurs mois, tu ne m’as pas répondu que c’était vrai ou faux, mais que c’était « déplacé ». Voilà qui en dit long !
Mon compagnon vient de repartir pour la semaine. Après quelques jours passés ensemble, et avec nos amis, je dois dire que j’ai un peu de peine à me retrouver seul à la maison, je ressens un petite pointe d’angoisse qui devrait disparaître demain matin. Cette solitude physique en semaine me pèse parfois, alors que seul je ne le suis pourtant pas et que dans l'appartement tout me rappelle sa présence et son amour.
L’air de rien, je fais déjà partie des anciens parmi ceux qui prennent des trithérapies, arrivées en 1996… Et donc je fais aussi partie de ceux qui ont eu à souffrir des effets secondaires les plus lourds, surtout les lipoatrophies, qui sont très invalidantes. Ce traitement me pèse, non pas par la prise des médicaments en elle-même, que je respecte très bien, mais par les effets toxiques que ces médicaments ont sur mon organisme, ainsi que par la simple présence du virus qui affaiblit et fatigue beaucoup. Le temps passe et je me sens vieillir physiquement plus vite que la normale, alors que dans ma tête je me sens jeune. Pas facile à gérer, cet écartèlement entre le corps et le mental. Je voudrais être à fond, mais mon corps refuse.
Il faut quand même que tu saches, que vous sachiez, pourquoi je vis très mal ton silence et ton rejet : parce que je suis porteur du virus du sida, que je n’en guérirai probablement jamais, et que cela me renvoie tous les jours à ma propre mort ; et que j’ai l’impression, par ton attitude, d’être déjà mort, puisque tu me donnes l’impression de ne plus exister à tes yeux…

Ce doctorat que j’ai entrepris, je ne le supporte vraiment plus ces temps-ci… Je crois que cet après-midi, pendant ma séance avec ma psy, j’ai compris pourquoi : parce que cette foutue thèse est au confluent de mon passé et de mon avenir professionnels, qui tous les deux me font souffrir. Je l’ai entreprise parce que j’étais en congé de maladie, ne pouvant plus exercer mon métier normalement, et que j’avais besoin d’un dérivatif pour ne pas couler. Je l’ai entreprise aussi parce que j’envisageais de reprendre mon métier comme maitre de conférences en université. Or, je doute fort actuellement d’une part de décrocher un poste – ce qui est de plus en plus difficile dans ma discipline – et si par chance j’en décroche un, je doute fort surtout de ne pas avoir la santé, l’énergie pour en assurer la charge de travail. Et comme j’ai envie de bien faire mon métier, je ne souhaite pas être un enseignant au rabais.
Ce matin, il pleut, il fait gris. C'est pas très motivant ! Face à l’angoisse, à la douleur physique et au stress que le document Word du Chapitre 1 de la Partie III de ma thèse a vraiment fait naitre en moi, ce qui n’est peut-être que la peur de me retrouver face à moi-même, et comme je n’ai pas encore reçu de nouvelles copies à corriger, je me suis réfugié dans une belle stratégie d’évitement… lavage du linge sale et pliage du linge lavé ! Puis je suis allé me faire un petit plaisir chez Jules où je me suis acheté quelques fringues…
On a beau être en 2008, il est toujours aussi difficile socialement d’être atteint d’une maladie de longue durée, que ce soit être atteint du virus du sida ou bien d’un cancer ou de toute autre maladie grave et souvent invalidante.