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29.03.2008
Aujourd'hui c'est la manifestation des personnes handicapées ou souffrant de maladie invalidante
Personnellement, je ne me plains pas de ma situation personnelle : je peux encore avoir une activité professionnelle adaptée à mon état de santé (je corrige des copies à domicile, ce qui n'est pas toujours très stimulant mais bon, c'est mieux que rien), ce qui me permet surtout de garder mon salaire. C'est transitoire, je ne sais pas comment évoluera ma situation professionnelle. Mais bon, je ne me plains pas.
Je ne suis pas obligé, pour l'instant, de demander une AAH (628€/mois) mais j'essaie d'imaginer toute la difficulté que cela doit représenter au quotidien, de se voir réduit à l'aumône, enfermé chez soi, isolé et dans l'incapacité de travailler. De se priver de tout, de tous les menus plaisirs de la vie. Et d'être dans le rouge à la fin de chaque mois.
Etant moi-même à mon domicile en permanence, il n'est pas facile de porter cet isolement, cette désociabilisation professionnelle. J'aimerais pouvoir partir le matin de mon domicile et travailler comme tout le monde. Je me sens parfois différent et honteux de ne pas pouvoir le faire. Mais d'un autre côté je sais que le travail est de plus en plus dur pour tout le monde et, d'une certaine façon, exercer chez moi cette activité me préserve de conditions de travail que je ne peux plus supporter dans l'enseignement, qui est un métier de plus en plus dur et douloureux à exercer, j'en sais quelque chose ! Si on est fatigué ou malade, les élèves s'engouffrent dans la brêche et on vit l'enfer. Je l'ai connu cet enfer, qui m'a demandé d'être très fort psychologiquement mais mon physique ne tenant plus, c'est mon mental qui a flanché il y a 5 ans.
Etant toujours fatigué, affaibli par les effets secondaires de mes traitements, je ne serai plus en mesure de reprendre mon activité d'enseignant devant des classes. Je sais que je ne tiendrai pas ni physiquement, ni mentalement. Et je crains fort que mes lipoatrophies soient irréversibles : mes jambes ne me portent plus et quand on est prof, on est debout toute la journée, et on passe ses journées à monter et descendre des escaliers. Je ne suis vraiment plus en mesure de le faire ! Je sais quelles sont mes limites.
Alors je mise sur une reconversion éventuelle, qu'on ne me propose pourtant pas, la correction de copie étant censée n'être que transitoire pendant quelques années. C'est déjà beaucoup ! Il faut que j'apprenne à être insouciant et à vivre au jour le jour.
Pour l'instant, ça va tant bien que mal. Mais la maladie est une sorte de cocon qui nous isole du monde extérieur, des autres, et même de nos proches et de nos amis, malgré leur amour et leur présence. La maladie crée comme une gangue de laquelle il est difficile de s'extraire. Je me sens un peu, d'une certaine façon, emmuré. C'est mon état d'esprit actuellement. Souhaitons que ça évolue positivement !
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