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01.04.2008
Un article qui me donne envie de faire un doigt d'honneur au virus et aux effets néfastes des traitements ! Non mais !
Vivre avec le VIH : Vieillir avant l'heure ?
Cancers, maladies cardiovasculaires, ostéoporose, troubles neurologiques... Grâce aux progrès thérapeutiques incontestables, les personnes séropositives prennent de l'âge. Mais elles vieillissent plus vite que les autres.
Inimaginable dans les années 90, mais bien réel aujourd'hui : les personnes vivant avec le VIH se heurtent à tous les problèmes liés au vieillissement. Il faut dire que leur espérance de vie a considérablement augmenté ces dernières années. « Avec les nouveaux traitements hautement actifs, l'espérance de vie des patients va normalement jusqu'à 65 ou 70 ans », souligne Pascale Leclercq, du CHU de Grenoble. Comme tout un chacun, ces personnes voient leur vie se modifier avec l'âge. Elles doivent désormais compter avec moult désagréments et maladies supplémentaires, allant de l'ostéoporose jusqu'à la maladie de Parkinson, en passant par une foultitude de cancers et autres pathologies cardiovasculaires. La principale différence avec les séronégatifs ? Les phénomènes habituellement liés au vieillissement surviennent plus tôt chez ceux qui vivent avec le VIH. On serait ainsi « vieux » près de quinze ans avant les autres. « Dans l'étude Cascade, qui porte sur 23 cohortes européennes réunissant 16000 patients environ, le pourcentage de survie montre une nette augmentation, expose Pierre Dellamonica, du CHU de Nice. En 2001, les plus de 50 ans comptaient pour 17% de la population étudiée. Ils sont 23% en 2004. » Et 26,2% en 2006, selon une autre étude. Pour les séropositifs, on parle donc de vieillesse à par- tir de 50 ans, un seuil habituellement porté à 65 ans dans la population générale.
Pourquoi une telle différence ? « Les antirétroviraux accentuent le phénomène », semble répondre Jean-Paul Viard, de l'hôpital Necker, à Paris. Ainsi, le vieillissement précoce serait à mettre sur le compte des traitements. Principaux médicaments sur la sellette : les analogues de la thymidine, comme l'AZT.
Ils paraissent particulièrement toxiques pour les mitochondries, ces petites centrales énergétiques à l'intérieur de nos cellules, ainsi que pour les adipocytes, qui sont les cellules qui stockent l'énergie sous forme de graisse.
En plus de produire de l'énergie, les mitochondries protègent nos cellules des radicaux libres. Or, « la production de radicaux libres augmente énormément avec l'âge. C'est un des grands mécanismes associés au vieillissement, détaille Pascale Leclerq. Les traitements antirétroviraux ont globalement le même effet que le vieillissement, c'est-à-dire qu'ils entraînent une diminution de la production d'énergie et une augmentation de la production de radicaux libres. Il est cependant difficile de faire la part des choses entre le vieillissement des patients et la toxicité des ARV. » Quoi qu'il en soit, le résultat est là : les personnes vivant avec le VIH souffrent d'une sénescence cellulaire prématurée difficile à contrer. A en croire la scientifique, il n'y aurait pas de bon antioxydant sur le marché aujourd'hui. Par ailleurs, on ignore totalement les effets des autres molécules sur les mitochondries. « On n'a pas encore de résultat scientifique concernant les nouveaux inhibiteurs nucléosidiques, regrette Pascale Leclerq. On ne peut pas dire ce qu'il se passera après 20 ans de traitement. »
En raison de leurs nombreux troubles, les patients âgés consomment plus de médicaments, pendant plus longtemps.
Cette accumulation provoquerait-elle une sorte de « toxicité chronique » ? Difficile de répondre, mais il est vrai que les systèmes de détoxification et d'élimination deviennent défaillants avec l'âge. « La fonction hépatique et la fonction rénale diminuent », note Gilles Peytavin, de l'Hôpital Bichat Claude Bernard, à Paris. Côté foie, on constate une diminution du volume global de l'organe, accompagnée d'une réduction du nombre de cellules hépatiques et de leurs capacités enzymatiques. Le système d'élimination, via le rein, se fragilise également. « Les troubles de l'élimination des médicaments chez les sujets âgés résultent d'une diminution du nombre de néphrons fonctionnels et du flux sanguin rénal », explique Denis Lacoste, du CHU de Bordeaux. Et l'insuffisance rénale s'accentue au cours de l'infection par le VIH.
Le vieillissement cellulaire provoque celui de tous les organes : peau, muscles, cœur, poumons, cerveau, foie, rein, système immunitaire... C'est pourquoi la survenue d'événements indésirables est plus fréquente chez les sujets âgés. « Une enquête de mortalité conduite en 2005 a montré que sur 937 décès survenus chez des séropositifs, 36% sont dus au sida, 16,4% aux cancers, 11,4% au VHC, 9% aux maladies
cardiovasculaires », note l'épidémiologiste Christian Pradier, du CHU de Nice. Ainsi, le VIH augmente le risque de cancer, qu'il soit ou non lié au virus. Le cancer du poumon est le plus fréquent. Dans ce contexte, il est utile de préciser que les personnes vivant avec le VIH fument plus que la population générale. Elles souffrent aussi de maladies cardiovasculaires, d'ostéoporose et de troubles neurologiques. Si les études manquent encore, on peut dès à présent adopter certaines attitudes bénéfiques telles l'arrêt du tabac ou la pratique régulière de l'exercice physique. Car l'activité éloigne le spectre de l'ostéoporose et son lot de fractures. Elle permet aussi de lutter contre le vieillissement musculaire.
SOPHIE AUDRA
Actif Santé, n°13, mars 2008, p. 2.
Bref, ne pas se laisser bouffer de l'intérieur ! Pour le physique, vivre le plus sainement possible, avoir une activité sportive régulière (pour moi, c'est la natation) ; pour le mental, vivre intensément, faire ce que l'on aime, avoir un moral au beau fixe ! Malgré tout !
18:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vieillir, vih, sida, antirétroviraux, cancer, ostéoporose



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