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25.04.2008

Je suis à la recherche de moi-même...

1055960738.jpgJe me rends compte que je ne me suis pas encore complètement trouvé, il y a en moi des zones secrètes inexplorées qui m’angoissent. Je cherche en moi les ressources pour affronter l'avenir, les désirs et les envies qui parfois me manquent pour construire cette vie nouvelle qui s'ouvre devant moi et que je dois inventer, non pas de zéro, mais à partir de mon passé et de ce que je peux ou pas réaliser aujourd'hui compte tenu de mon état de santé fragilisé.

Aurais-je cette démarche de quête de moi si je n’étais pas séropo ? Puis-je lier cette quête à ma séropositivité ? Je pense que oui, au moins en partie, car si je n’avais pas été atteint par ce virus existentiel, je n’aurais pas été confronté à tous ces chamboulements dans ma vie personnelle, affective, professionnelle, amicale, familiale. J’aurais vécu en me posant moins de questions, même si j’ai toujours eu une propension à me poser des questions existentielles. Mon VIH agit comme un amplificateur, et ceci à tous les niveaux. Ma « maladie », comme toute maladie, amplifie mes qualités et mes défauts, ainsi que mes modes de fonctionnement qui deviennent parfois excessifs, car c’est mon caractère. Il faut par exemple que j’arrête d’écrire à cet ami qui refuse de me parler de ce que lui et moi n’avons jamais parlé, à savoir les véritables sentiments qui l’ont lié à moi pendant 25 ans, qui nous ont liés tous les deux alors que je pensais qu’il était loin de ressentir cela pour moi. Il ne me répond jamais. Comme je suis sans cesse face à moi-même en raison de ma situation professionnelle découlant de ma « maladie », je ne suis pas parvenu ces derniers mois à me détacher de cette très vieille histoire mais il faut que je le fasse. C’est extrêmement difficile et douloureux. Mais j'ai une amie solide qui m'y aide beaucoup.

J’ai tendance aussi à inciter certaines personnes de mon entourage à entreprendre indirectement cette quête intérieure, alors qu’elles n’y sont pas forcément prêtes, je pense justement à cet ami dont je parle et que je pousse parfois dans des zones de lui-même qu’il ne veut pas explorer. Mais aussi à mes autres amis, qu’il m’arrive d’avoir tendance à vouloir ramener à moi, à ce que je vis, peut-être parce que j’ai de la peine à me porter moi-même et que je cherche des appuis extérieurs auprès de mon entourage, comme si me retrouver seul face à moi-même me faisait peur. Je sais que ma séropositivité peut être lourde aussi pour les autres, et je dois apprendre à me taire. Me contenter d’écrire ici. Simplement écrire. Suis-je trop égocentrique ? Peut-être…

Je vois ma psy dans une heure et je sais que ça me fera du bien de lui parler, à elle. Qui est dans la bonne distance.

Voila : ma psy et mon blog. Ce sont mes appuis, avec aussi parfois les personnes du groupe de paroles de Aides.    

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