« 2008-05 | Page d'accueil
| 2008-05 »
14.05.2008
Errance…
Image : Claude Lazar, Errance
Ce soir je me sens en pleine errance, en pleine dérive, avançant vers un avenir incertain, gris, fait d’angoisses et de doutes. Je n’ai envie de rien, je suis las de me battre, j’ai envie de me laisser aller sans me soucier de savoir vers où je me dirige. Je ne cherche que ce qui me fait du bien : mon compagnon, ma famille, mes amis… le reste, je m’en fous ! J’ai l’impression que ma vie part à vau l’eau et que je m’en fiche. Je ne suis plus celui que j’étais avant, soucieux de se construire un avenir. Mon avenir dépend de mes médicaments, de la bonne volonté de ce virus à me laisser vivre autant que possible et le mieux possible, de ceux qui, d’une certaine façon, ont pris le contrôle de ma vie professionnelle, que je ne maîtrise plus.
Vers quoi est-ce que je vais ? Vers rien de bon, rien d’enthousiasmant ni d’épanouissant, du moins est-ce mon pressentiment, peut-être est-il faux. J’ai peur de perdre ce que j’ai, enfin pas tout, mais mon moyen de subsistance, ma place dans la société. La maladie m’a dépossédé de la maîtrise de mon existence, qui était peut-être au fond, qui sait, illusoire.
Je me sens à l’entrée d’un chemin tout gris s’enfonçant dans le brouillard et cerné d’un paysage triste et déprimant, aux portes closes. Il y a quand même un rayon de soleil : celui de ceux et celles qui m’aiment et que j’aime.
22:47 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Conversation téléphonique…
Une très bonne amie vient de m’appeler : après avoir réglé un petit contentieux qui couvait entre nous depuis quelques temps, nous avons pu parler de nos difficultés respectives. Ça m’a fait du bien de lui confier ce qui m’angoisse. Elle a appelé pile poil au bon moment. Je me sens mieux, soutenu, encouragé. Elle m’a dit qu’elle comprend les difficultés que j’ai à porter ce que je porte et a ajouté que si vraiment mon doctorat m’empoisonne la vie, comme c’est le cas actuellement, je ne dois pas m’en rendre malade, et si je dois un jour l’abandonner, eh bien ce ne sera pas grave. Elle a raison. J’ai tellement investi en travail dans cette foutue thèse que je n’arrive pas à m’en détacher complètement. Elle m’a dit aussi que je ne suis peut-être pas très clair sur mes objectifs, et là aussi elle a raison. Laissons le temps faire son œuvre, les choses se décanteront peu à peu et j’y verrai alors plus clair.
16:07 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Déprime
Aujourd’hui, je n’ai pas le moral : ma maladie, mes problèmes professionnels, le fait que je sois enfermé chez moi et pas au travail comme tout le monde, le contexte général dans lequel nous sommes plongés, tout ça fait que je me sens déprimé. Je n’ai même pas reçu de copies à corriger, ça m'aiderait pourtant à penser à autre chose. Elles arriveront probablement demain midi. Quant à la thèse, elle me fait fuir, je ne suis pas psychologiquement en état d’y travailler… Bref, je suis face à mes angoisses et j’ai un grand poids dans la poitrine. Je me sens inquiet de l’avenir, de ce qui m’attend. J’ai peur de perdre à terme ce qui me reste, à savoir mon emploi adapté et mon salaire, déjà que j’ai perdu la santé… Je suis fatigué de me battre.
Bon, enfin, ça ira mieux demain, peut-être… Je vois ma psy demain matin et j’irai faire un tour à la manif dans l’après-midi, armé de mes genouillères pour pouvoir marcher…
13:03 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



