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15.05.2008

En chantier…

906494608.jpgDepuis plus d’un an, je suis complètement « en chantier » : tout d’abord, ma maladie m’est revenue en pleine figure et je dois m’organiser pour vivre en en tenant compte et non plus en faisant comme si je n’avais rien (ce que j’avais fortement tendance à faire les premières années) ; ensuite mon métier m’est devenu insupportable et je dois revoir complètement mon avenir professionnel, pour l’instant je suis dans un flou artistique mais bon, je fais aller, j’apprends à vivre au jour le jour sans trop me projeter ; enfin, ma maladie me renvoie à tout ce qui dans mon existence est remis sur la table, ma sexualité qui change pas mal depuis quelques mois : je ne suis plus coureur de caleçons comme j’étais (est-ce que ça va durer ? peut-être ; j’apprends à être fidèle sexuellement à mon compagnon, ce qui est chez moi une véritable révolution, et je gère mon stresse et mon angoisse autrement que par des rapports sexuels débridés) ; mes relations amicales qui sont devenues plus délicates à gérer car ma maladie rejaillit sur mon rapport aux autres et je dois apprendre à gérer ça, ce qui n’est pas évident ; enfin je suis ramené à tout ce qui dans mon passé n’a pas été réglé et que je voudrais régler dans cette période charnière que je traverse entre ma vie d’avant et cette vie nouvelle que je pressens et qui est encore à l’état d’embryon…  (re)prendre confiance en moi, (re)trouver l’assurance que je n’ai peut-être jamais eue, alors même que je suis plus vulnérable physiquement et psychologiquement du fait de ma séropositivité qui me complique tout (quel défi !), me construire de nouveaux projets, dépasser le boulet que je traine depuis 25 ans, à savoir cet ancien amour devenu affection amicale mais qui n’a jamais été mise sur la table et qui me taraude depuis le début : problème, le garçon en question n’est actuellement pas en capacité de faire face à ses propres contradictions, qui l’angoissent trop visiblement, à tout ce vers quoi cette relation ancienne le ramène, à savoir, je pense, sa bisexualité non assumée, et très probablement aussi, au vu de ses réactions totalement inattendues à mon égards – faites de refus, de fuite, de silence et de déni – vers ses sentiments et désirs pour moi… Ou bien suis-je trop prétentieux ? Peut-être, je ne suis pas sûr à 100% d’avoir raison mais c’est là la seule explication plausible à son comportement… Je ne peux pas faire grand-chose et je dois composer avec. Ma porte lui reste ouverte, on verra bien si un jour il sera capable de voir tout ça en face et d’en parler ouvertement avec moi. Seule la parole libère et permet de régler son compte au passé qui nous pèse et nous poursuit, j’en suis convaincu.

Bref, voila, sans oublier ma thèse en panne sèche actuellement mais pour laquelle j’ai décidé de ne plus me faire de mouron inutilement : pas la peine de m’empoisonner la vie avec ça ! Ni de me culpabiliser si je ne la termine pas… La priorité c’est : assumer ma subsistance par le travail que l’on m’a confié, prendre soin de ma santé, m’investir dans ma relation de couple ainsi que dans mes relations familiales et amicales, dont j’ai un grand besoin, car elles sont mon oxygène. Le reste est totalement superflu.

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