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13.06.2008

De l'ANNONCE à l'ACCEPTATION

chemin5.jpgL’annonce d’une maladie chronique a un impact psychologique important avec trois types d’effets :
- 1. L’annonce est un acte de baptême d’une maladie
- 2. L’annonce entraîne un changement d’identité : apprendre que l’on a une maladie chronique, c’est aussi apprendre que l’on est malade
- 3. L’annonce nécessite enfin un travail de “deuil” de l’état de santé antérieur : il est nécessaire de faire le deuil de ce que l’on était avant de s’accepter tel que l’on est maintenant et de reconstruire le futur.
Ce travail de deuil de l’état de santé antérieur permet l’acceptation de la maladie chronique, c’est-à-dire l’“appropriation” de sa maladie par le patient. Il s’agit d’une attitude qui se caractérise par le consentement lucide à une réalité, à une situation que l’on décide d’assumer et qui permet d’envisager un avenir avec la maladie chronique. Une carence ou une mauvaise information au début de la maladie peuvent grever lourdement la prise en charge ultérieure (déni, refus de soins, non observance…).
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Il s’agit d’un long processus de maturation (cheminement) de réactions psychologiques naturelles (réactions normales de défense). Le découplage artificiel en plusieurs phases permet de mieux comprendre le long processus de maturation de l’acceptation (Modèle d’Elizabeth Kübler-Ross, 1976).
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Modèle D'Elizabeth Kübler Ross :
· CHOC INITIAL : "Sur le coup, ça m'a fait un choc !"
· DÉNI : "Ce n'est pas vrai !"
· RÉVOLTE : "Pourquoi moi ?"
· NÉGOCIATION : "D'accord, je n'ai pas le choix, mais…"
· RÉFLEXION : "Je ne serai plus jamais comme avant !"
· ACCEPTATION : "J'accepte d'être malade, acteur de ma santé !"

Tous les stades peuvent être intriqués et ne sont pas obligatoires. On parle souvent d’adaptation dynamique : le passage d’une étape à l’autre se fait plus ou moins rapidement selon les personnes, avec fluctuation entre deux stades consécutifs avant de passer au stade suivant, enfin, il y a parfois une possibilité de blocage définitif à un stade (la cristallisation des différents événements est alors pathologique).
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Ces différents stades de l’acceptation sont des réactions psychologiques naturelles, mais leur prolongation dans le temps ou leur inadaptation “bloquent” le travail de “deuil”.
Le choc initial est un processus de sidération, véritable “scotome auditif”, “surdité émotionnelle”.*
Le déni est une réaction d’incrédulité, un mécanisme de défense, en partie inconscient, qui consiste à refouler une réalité insupportable, trop menaçante pour l’équilibre psychique.
La révolte : le patient prend conscience de la réalité de l’affection, il peut avoir une réaction d’agressivité, un sentiment de culpabilité, d’injustice (“punition”), une dépression peut survenir.
La négociation réveille des sentiments contradictoires et se traduit par des tentatives de marchandage vis-à-vis des contraintes des traitements, refus d’une partie du traitement ou surcompensation.
La réflexion, le retour sur soi, l’accommodation, représentent un compromis entre ce qui aurait pu être et ce qui est. La personne prend conscience de ce qu’elle doit assumer, elle sait qu’elle ne sera plus comme avant : perte définitive de quelque chose (amertume, ressentiment et tristesse, état “méditatif-dépressif”).
L’acceptation active enfin. La personne assume, intègre la maladie chronique dans sa vie quotidienne, elle reconnaît que la maladie implique des contraintes, et prend conscience que la maladie comporte des risques, la maladie est enfin acceptée (ou “supportée”). Le patient a une nouvelle image de lui avec la maladie chronique. L’idée d’une vie sans maladie chronique est abandonnée, le “handicap” est admis (responsabilité, dynamisme, “savoir-être”). Le dépassement de l’épreuve permet la construction d’un avenir avec la maladie, d’un “projet de vie”.

(lu sur un forum) 

* personnellement, c'est comme ça que j'ai vécu cette annonce, qui m'a fait l'effet d'une catastrophe nucléaire, suivi d'une courte période de déni lors de mon hospitalisation... je crois qu'actuellement j'ai un pied dans la réflexion et un dans l'acceptation... 

Commentaires

je me retrouve aussi dans cette analyse. Après 4 mois de découverte et d'annonce, j'en suis à la phase de réflexion et j'ai vraiment peur qu'elle dure tres tres longtemps ! Il y a des périodes d'introspection tres longue : pourquoi jen suis arrivé là ? pourquoi me suis je mis en danger et ai je mis les autres et surtout celui que jaime en danger ? pourquoi ai je inconsciemment choisi l'option de ce que j'appelle partois un suicide programmé, lent...mais certain ! Pourtant je crois que j'ai aimé et aime la vie encore ! Alors...voilà la réflexion...l'amertume et la difficile acceptation de la maladie. Chacun a son histoire...chacun a ses propres réponses. J'ai peur que l'acception n'arrive jamais.

Ecrit par : antoine | 14.06.2008

L'acceptation on y est obligé, parce que c'est perdre des forces et de l'energie dont nous avons besoin pour poursuivre. Et que quoi qu'on fasse ca nous rattrape. Contaminée à 20 ans en 85, (j'etais toxico) je n'ai jamais eu la culpabilité qu'on a voulu me coller sur le dos, le tu l'as bien cherché n'avait pas d'echo, je savais que non.
On ne peut pas prevenir ce qui n'existe pas encore...

Mais même si j'avais eu le choix, l'epoque etait autre, j'etais dans une configuration de vie marginale je ne suis pas sure que ca aurait changé ma facon de voir le sida.
Cette idée de maladie sale, voulue me fait horreur.
Ya un tas de luttes dans l'existence d'un seropo en dehors de la pathologie elle même. C'est ce qui en fait la grande difficulté. Je ne crois pas que ce soit l'acceptation.
Ca c'est valable pour les maladies 'classiques' .
bizatous et courage , voyez 25 ans apres ca va , (malgre vih /vhc) ya un tas de bosses supplementaires sur la route, un tas de lutte, mais les gays ont deja cette notion de galeres d'existences en sus non?, comme les gens de banlieues, les toxs tous ceux qui ne rentrent pas dans la codification de base de la normalité...

Ecrit par : maya | 19.07.2008

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