22.01.2009
AIDES en pleine dérive NOKPOTE...
Emmanuel Chateau: «Le milieu gay fait comme si le sida n’existait plus»L'ex-président et toujours militant d'Act Up-Paris s'insurge contre la création d'un « atelier bareback » par Aides. Selon lui, c'est l'usage du préservatif qu'il faut valoriser, et le sida doit redevenir un enjeu politique.
Propos recueillis par Luc Biecq.
À 33 ans, l'ex-président d'Act Up-Paris milite aujourd'hui dans la commission prévention de l'association. Séropositif, il rêve d'actions de terrain qui ciblent efficacement les gays pour enrayer la progression du virus.
À 33 ans, l'ex-président d'Act Up-Paris milite aujourd'hui dans la commission prévention de l'association. Séropositif, il rêve d'actions de terrain qui ciblent efficacement les gays pour enrayer la progression du virus.
Les chiffres * montrent une hausse du nombre de contaminations chez les gays. Cela vous met-il en colère ?
Ces chiffres ne m'ont pas surpris. Cette hausse confirme que l'épidémie n'est pas stabilisée chez les gays. Les discours qui circulent, sur des forums et des blogs, pour dire que ce n'est pas si grave, que le sida n'est plus une urgence pour les gays sont mensongers.
Les hommes contaminés ont la quarantaine…
Les hommes contaminés ont la quarantaine…
Non: l'âge moyen est de 40 ans, mais la répartition par tranches d'âges montre que tous les homos sont concernés, de 20 à 60 ans. Les raisons pour lesquelles les gays âgés se contaminent sont certainement différentes de celles qui font que les jeunes se contaminent. Act Up-Paris avait suggéré des campagnes ciblant les plus de 40 ans et n'a pas été entendue. Certains mecs, à la quarantaine, se disent qu'ils ne valent plus grand chose sur le «marché sexuel» et croient qu'être contaminé, en 2009, ce n'est plus si grave. D'autres ont vécu l'épidémie de plein fouet et prennent des risques en connaissance de cause, s'interrogeant sur le fait d'être encore vivants et séronégatifs quand tous leurs amis sont morts.
N'est-ce pas une vision défaitiste ? Il y a de plus en plus de séropositifs et le milieu gay fait comme si le sida n'existait plus. Il est présent dans nos vies qu'on soit séropo ou séroneg, et pourtant il y a une absence totale de parole à ce sujet. Attention, je ne dis pas une impossibilité de parole.
En accueillant un atelier «santé et bareback», Aides a suscité des réactions indignées. Est-il inenvisageable de dialoguer avec les barebackers ?
N'est-ce pas une vision défaitiste ? Il y a de plus en plus de séropositifs et le milieu gay fait comme si le sida n'existait plus. Il est présent dans nos vies qu'on soit séropo ou séroneg, et pourtant il y a une absence totale de parole à ce sujet. Attention, je ne dis pas une impossibilité de parole.
En accueillant un atelier «santé et bareback», Aides a suscité des réactions indignées. Est-il inenvisageable de dialoguer avec les barebackers ?
La question n'est pas là. Des expériences de ce type existaient déjà, menées par Sida Info Service, ou par Aides sur des sites de bareback. Pour l'organisateur de cet atelier, l'enjeu n'est plus de faire de la prévention, mais de valoriser le bareback. Baiser sans capote n'est jamais un comportement de santé. Il y a des choses à dire aux barebackers, sur la transmission de l'hépatite C, qui n'est pas seulement liée aux pratiques hards, sur la surcontamination qui est scientifiquement prouvée, sur le dépistage et sur le traitement des IST. Malheureusement, je ne crois pas que ce soit l'objet de ces ateliers. Tels qu'ils sont conçus, ne risquent-ils pas de renforcer les fausses croyances et les petits arrangements avec les risques qu'on prend ou que l'on fait prendre aux autres ? Je ne crois pas qu'il soit nécessaire de légitimer le sexe à risques pour communiquer en direction des barebackers.
Aides se présente comme «une maison ouverte»…
Aides se présente comme «une maison ouverte»…
Sous prétexte de ne pas perdre les «brebis égarées», Aides tente d'imposer un discours de réduction des risques qui contribue à banaliser les pratiques à risques. Ce qui, pour limiter les contaminations, peut s'avérer contre-productif. La plupart des mecs qui choisissent de baiser sans capote sont déjà contaminés ou ne tarderont pas à l'être. Il faut au contraire valoriser le préservatif. Les barebackers sont ultra-minoritaires, moi je trouve qu'on ne se préoccupe pas assez des gens qui se protègent, séropos ou pas : 70 % des gays séronégatifs utilisent systématiquement des capotes ! Aucune campagne, aucune action ne s'adresse à ceux qui, très occasionnellement, ne se protègent pas. Il ne faut pas raconter d'histoires aux gays: la capote est le seul moyen de se protéger. Le reste, c'est de la science fiction.
Demain, vous avez 1 million d'euros pour la prévention, vous en faites quoi ?
Demain, vous avez 1 million d'euros pour la prévention, vous en faites quoi ?
De toutes les populations touchées par l'épidémie, la population gay est la moins ciblée par la prévention de terrain. En Ile-de-France, une région très touchée, il y a très peu de salariés à temps plein sur des programmes de prévention ciblant les gays, pas plus de quatre personnes au total. Donc, je proposerais des actions de terrain, menées par des homos, sur internet et en contact individuel, en face à face. Il est urgent de rediscuter de prévention et de sexualité : pour les gays, le sida doit redevenir un enjeu politique.
* Selon les derniers chiffres de l'Institut national de veille sanitaire, la proportion d'hommes contaminés par rapports homosexuels est de 38 % en 2007, alors qu'elle était de 26 % en 2003.
* Selon les derniers chiffres de l'Institut national de veille sanitaire, la proportion d'hommes contaminés par rapports homosexuels est de 38 % en 2007, alors qu'elle était de 26 % en 2003.
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Commentaires
bonjour je m'appelle philippe et je suis détecté depuis 1987 j'ai surnagé sur une mer de vie perdue , j'apporte mon soutien , à ceux qui prônent le port du preservatif sans condition , j'ai connu l'ere de l'abstinence , et aussi une diffusion encore plus facilité de seringues malgres la loi barzac de 1985 des pharmaciens refusent de vendre celles ci encore aujourdhui , apres les avoir vendu de 10 à 35 f pendant leur prohibition , j'aurai aimé que l'infection avec ce qu'on sait aujourdhui soit stoppée et que cette vie que nous avons subit ne soit plus le present de personne.J'ai une pensée pour les africains (e)qui courent apres les preservatifs que d'autres chez nous par débilité rejettent j'ai envie de leur dire tout se paye , bonne vie aux autres heureusement beaucoup plus nombreux restons sur terre encore longtemps.
Ecrit par : philippe | 21.06.2009
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