30.04.2009

Pour le Pr Willy Rozenbaum, le traitement doit devenir une nouvelle arme dans la prévention du VIH

Point C'est une nouvelle page qui s'ouvre dans l'histoire de l'épidémie. Ce jeudi matin, le Conseil national du sida (CNS) présente un avis et formule des recommandations sur "l'intérêt du traitement comme outil novateur de la lutte contre l'épidémie d'infections à VIH".

Le traitement doit-il devenir un outil de prévention contre le VIH? Faut-il proposer un traitement précoce aux séropositifs dans le but de diminuer les risques de transmission? Faut-il dépister plus pour traiter plus? À ces trois questions, le Pr Willy Rozenbaum, président du CNS, répond par l'affirmative. Traitement et prévention classique deviennent complémentaires avec pour objectif de diminuer le nombre de transmissions. Dans l'interview-vidéo qu'il a accordée à Yagg (voir ci-dessus), Willy Rozenbaum explique pourquoi il faut modifier radicalement l'image des traitements, insiste sur les freins au dépistage dans la communauté gay et sur la nécessité – pour les associations homosexuelles – de faire du VIH une priorité.

Nous savons depuis plusieurs années que la diminution de la charge virale sous traitement réduit aussi le risque de transmission. Au niveau collectif, traiter au moins 50% des personnes infectées permettrait, selon de nombreuses études, de diminuer le nombre de nouvelles contaminations. Seulement voilà, en France, d'après une estimation, seulement 46% des personnes infectées suivent un traitement, les autres, pour la plupart, ne connaissent pas leur statut. Aux pouvoirs publics, le CNS recommande donc "de renforcer l’offre de dépistage et d’améliorer la continuité entre le dépistage et la prise en charge afin d’augmenter le nombre de personnes dépistées et traitées".

Sur un plan individuel aussi, le traitement, efficace, bien pris, induit une réduction de la transmission. Mais sur cet aspect, l'avis du CNS reste mesuré, car le risque résiduel de transmission existe. Les membres du Conseil ne vont pas, comme les autorités suisses, jusqu'à expliquer que les couples sérodiscordants peuvent abandonner le préservatif, à condition que le partenaire séropositif ait un traitement efficace. Pour Willy Rozenbaum, il est cependant indispensable d'informer les séropositifs et leurs partenaires de l'existence de cette nouvelle donne et de redéfinir la complémentarité des outils de prévention: oui la capote protège du VIH, mais le traitement aussi. Il serait inefficace de les opposer.

Bien entendu, cette stratégie fait porter sur le séropositif une nouvelle responsabilité, comme le souligne l'avis du CNS: "Avec le traitement, en revanche, apparaît un moyen, médicalisé et non comportemental, dissocié de l’acte sexuel, de rendre les personnes porteuses du virus très peu contaminantes. La maîtrise de ce moyen n’est plus également partagée par les partenaires, elle relève du seul partenaire infecté, qui porte alors entièrement, si aucune autre technique de protection n’est utilisée, la responsabilité de réduire le risque pour l’autre. […] La promotion de l’intérêt du traitement pour réduire le risque de transmission devra donc s’accompagner d’un message clair de prudence. L’outil que constitue le traitement ne remplace pas l’usage du préservatif, qui demeure, à condition d’être correctement utilisé, un moyen fiable par lequel chacun peut garder, indépendamment de la connaissance du statut sérologique du partenaire, la maîtrise de la protection de soi comme d’autrui lors d’une relation sexuelle".

Le CNS recommande enfin aux médecins que "face à des personnes infectées par le VIH et en difficulté de prévention, mais qui ne nécessitent pas de traitement pour elles-mêmes au regard des recommandations actuelles, d’aborder avec ces patients l’éventualité d’initier un traitement afin de réduire les risques de transmission. En tout état de cause, la prescription d’un traitement pour son effet préventif devra répondre à une demande exprimée par le patient." L'avis du CNS, très attendu par les associations, devrait provoquer de nombreuses réactions. Sera-t-il suivi d'effets? Il est permis de l'espérer.

Christophe Martet lu sur Yagg

27.04.2009

Montreuil: vol d'une gerbe déposée en l'honneur des déportés homosexuels

JPT_9895.JPGLa gerbe déposée par les associations LGBT ce dimanche à Montreuil (Seine-Saint-Denis) ne sera restée en place qu'une demi-heure.

Vers midi, en cette Journée nationale de la déportation, des représentants du Mémorial de la déportation homosexuelle, de la coordination lesbienne en France et de l'Inter-LGBT avaient déposé une gerbe ornée d'un triangle rose et d'un triangle noir, symboles utilisés par les nazis pour marquer les déportés homosexuels et tous ceux désignés comme des «asociaux» (voir la liste des événements de cette journée).

Dès midi et demi, la gerbe avait disparu (photo). On ignore qui a pu commettre cet acte.

Hussein Bourgi, le président du Mémorial de la déportation homosexuelle, évoque un acte de «profanation mémorielle». Il condamne solennellement ce vol et le regrette d'autant plus que «plein de gens étaient venus à la cérémonie». Mais, affirme-t-il, «c'est une péripétie supplémentaire sur un chemin semé d'embûches de ce type depuis les années 90, vers la reconnaissance de la mémoire des triangles roses». «Raison de plus pour persévérer, tant qu'il y aura des personnes que ce souvenir dérangera», ajoute-t-il. Il annonce son intention de déposer une plainte dès demain auprès du Procureur de la République de Bobigny.

La mairie de Montreuil «ne peut que condamner un tel acte, à partir du moment où l'on commémore un moment aussi douloureux de l'Histoire de notre pays, on ne peut nier de la sorte certaines des victimes de la barbarie nazie», a pour sa part déclaré Mouna Viprey, première adjointe à Montreuil. Mais la mairie ne déposera pas plainte «car nous ne souhaitons pas qu'il y ait une quelconque récupération de ces commémorations qui ont pour objectif premier de rappeler aux jeunes générations l'une des pages les plus noires de notre Histoire», ajoute Mme Viprey.

C'est la première fois que la municipalité de Montreuil, désormais dirigée par Dominique Voynet (Verts), associait des représentants de la communauté homosexuelle lors de ces cérémonies du souvenir en faveur des déportés.

Dans un communiqué commun, le Mémorial de la déportation homosexuelle, l'Inter-LGBT et la Coordination lesbienne en France «condamnent solennellement cet acte de malveillance qui ternit le bon accueil qui (leur) a été réservé lors de la cérémonie par le public présent.»
Les associations ajoutent: «Cet acte de profanation mémorielle témoigne du négationnisme de son ou ses auteurs. Nous demandons au ministre de la Défense, au secrétaire d'Etat aux Anciens combattants et aux fédérations de déportés de le condamner.»

(Photo: Jean-Philippe Tranvouez.)

Par Paul Parant, lu sur Têtu.

21.04.2009

Relents

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18.04.2009

Refus de don de sang : Un homosexuel porte plainte

17.04.2009

Une exposition des Oublié(e)s de la mémoire sur la déportation des homosexuels


Vu sur Yagg

15.04.2009

"Depuis 15 ans, SOS homophobie accompagne les lesbiennes et les gays vers la visibilité", par Jacques Lizé

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En 1994, année de la création de SOS homophobie, la visibilité des homosexuels connaissait un essor sans précédent. À titre d'exemple, les Français plébiscitent des blockbusters tels que Muriel, Quatre mariages et un enterrement ou Philadelphia. À Paris, une grande gay pride réunit 40000 participants et le premier CGL ouvre ses portes, donnant lieu à une floraison d'associations militantes et conviviales.

Les homosexuels, surtout les gays d'ailleurs, commencent à apparaître plus régulièrement dans les médias pour y exprimer leurs revendications et problématiques. Le VIH et ses conséquences sociales occupent une grande part des débats – et c'est bien normal – et l'on commence à évoquer le projet d'un contrat d'union civile.

Évidemment, l'homophobie existe bel et bien mais le sujet n'est pratiquement jamais abordé. Il est vrai que depuis la dépénalisation de 1982, aucune loi dans le sens de l'égalité ou pénalisant les actes ou discriminations en raison de l'orientation sexuelle n'a vu le jour.

Les lesbiennes et les gays avaient appris en 1991 qu'ils n'étaient pas des malades mentaux, puisque l’Organisation Mondiale de la Santé retire l’homosexualité de sa liste. Mais ils attendent encore d'apprendre qu'en tant qu'êtres humains ils ont des droits inaliénables. Il leur faudra patienter jusqu'en 1999, avec la promulgation du Pacs, mais surtout la ratification du traité d'Amsterdam par la France qui s'engage ainsi à lutter contre les discriminations et notamment en raison de l'orientation sexuelle.

En 1994, l'homophobie existe mais les victimes ne savent pas vers qui se tourner pour exprimer leur souffrance et pour savoir quel levier juridique utiliser pour demander justice. Afin de combler ce manque, un groupe de militants ouvre une ligne téléphonique d'écoute et de soutien, SOS homophobie. Trois ans plus tard, le temps que cette activité atteigne son rythme de croisière, l'association publie son premier rapport annuel de 60 pages. En France, l'homophobie acquiert une visibilité.

Quinze ans après, où en sommes nous? On pourrait se féliciter du fait que la visibilité de l'homosexualité ait atteint son sommet. On pourrait croire que l'on a vidé le placard médiatique, politique et culturel où étaient cachés les homosexuels. Effectivement, de Plus belle la vie jusqu'aux couloirs de l'Assemblée nationale, l'homosexualité affirme son existence. Et même les lesbiennes, bisexuel-le-s et trans', un peu "oublié-e-s en route", il faut le reconnaître, commencent à partager la scène avec les gays.

Notons tout de même que certains placards restent bien remplis… Il reste du chemin à faire pour la visibilité des LGBT dans le milieu du sport ou dans les manuels scolaires, pour ne citer que deux exemples. Et dans la vie quotidienne, beaucoup de lesbiennes et de gays cachent encore leur orientation sexuelle, notamment vis-à-vis de leur famille ou sur leur lieu de travail.

Par ailleurs, si nous avons pu assister, cette dernière décennie, à une prise en compte certaine de l'homophobie de la part des médias, des institutions et du législateur, les associations LGBT s'affrontent encore souvent au scepticisme ou au déni vis-à-vis de cette discrimination.

Prenons l'exemple très symptomatique de l'homophobie sur le lieu de travail. Si le rapport annuel de SOS homophobie révèle l'importance de ce phénomène, si des enquêtes récentes démontrent que des actes violents ou discriminatoires envers les LGBT sont commis chaque jour dans les entreprises françaises, les cas qui parviennent aux directions des ressources humaines ou aux délégués syndicaux demeurent extrêmement rares. Cette absence de visibilité justifie alors le refus ou la minimisation des politiques de prévention. Les raisons de cette "disparition de l'homophobie" sont évidemment la pression du marché du travail en période crise, le poids du tabou, et surtout le manque de confiance dans les voix de recours. L'homophobie frappe deux fois les victimes: en les blessant et en leur infusant la peur de demander justice.

Nous constatons aujourd'hui qu'une plus grande visibilité de l'homosexualité entraîne deux effets contradictoires.

En effet, il est évident aussi que plus l'homosexualité sera "banale", défaite de ses stéréotypes, sans la stigmatisation de l'inégalité, meilleure sera son acceptation globale par la société. Cependant, sur le plan individuel, la révélation de son homosexualité comporte encore aujourd'hui des risques. Les témoignages reçus par SOS homophobie montrent que, fréquemment, les actes violents ou discriminatoires font suite à la révélation de l'orientation sexuelle de la victime. Sur le plan collectif aussi, l'accroissement de la visibilité des LGBT entraîne également une multiplication et une radicalisation des discours et des actes de ceux qui les condamnent.

Pour que des lois et des jurisprudences encadrent toujours mieux les actes homophobes, pour que les victimes trouvent assistance et courage pour demander justice, pour que des politiques de prévention s'appuient sur des informations solides, le combat pour la visibilité des LGBT doit impliquer celui de la visibilité des LGBTphobies.

Jacques Lizé

Le site de SOS homophobie.

Lu sur Yagg

13.04.2009

Homosexualité et tabous (ah ! la religion !! quelle plaie...)

10.04.2009

A propos de l'avis de la Commission fédérale suisse pour le sida :

La parole à une chercheuse suisse, Claire Graber, qui revient sur l'une des études les plus controversées de ces dernières années. En 2008, le Pr Bernard Hirschel affirmait ainsi qu'un couple hétérosexuel sérodifférent stable pouvait se passer de préservatif à condition qu'il n'y ait pas eu d'épisode d'infection sexuellement transmissible, et surtout que le partenaire séropositif ait une charge virale indétectable. Dans la foulée, la Commission fédérale suisse publiait un avis sur la relation entre niveau de charge virale dans le sang et risque de transmission du VIH. N'est-on pas allé trop vite? Claire Graber, de l'Université de Berne, a analysé un grand nombre d'études et nous résume ses conclusions.


Le reste de l'article sur Yagg

06.04.2009

Etre homo au Sénégal : un crime !

Turquie : meurtres homophobes et transphobes à répétition

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Par Fabrice Ribert

Les associations LGBT turques s'alarment devant cette vague de violence, et dénoncent l'indulgence des tribunaux qui jugent les «crimes d'honneur».

Trois meurtres et au moins une agression sur des victimes transsexuelles ou homosexuelles ont eu lieu dans différentes villes du pays pour le seul mois de mars 2009: à Istanbul, le corps de la transsexuelle Ebru Soykan a été retrouvé poignardé, un homme a été tué à Edirne par un garçon de son entourage au prétexte qu'il lui aurait fait des avances sexuelles, à Bursa c'est une autre victime transsexuelle qui a été sauvagement égorgée.

Cette terrible vague de crimes endeuille à nouveau la société turque alors que des dossiers judiciaires concernant le «crime d'honneur» homo d'Ahmet Yildiz ou encore le meurte de Dilek Ince, tous deux survenus en 2008, n'ont toujours pas avancé du côté de la justice turque.

«Crimes de haine»

Après la douleur et l'indignation, ce sont désormais les inquiétudes qui pèsent sur les acteurs LGBT du pays. Ces tragiques agressions sur des personnes transsexuelles sont souvent liées à des affaires de prostitution. Cependant les transsexuelles ont peu de chances de carrière professionnelle stable vu que les entreprises aussi bien publiques que privées sont réticentes à leur embauche. La prostitution étant légalisée en Turquie, les récents règlements de compte dont les trans sont victimes s'inscrivent dans un contexte de «crimes de haine» uniquement.

En outre, les tribunaux turcs accordent fréquemment des réductions de peine aux meurtriers qui plaident coupables en précisant que leur victime a porté atteinte à leur honneur par des avances sexuelles.

Les multiples associations LGBT du pays s'insurgent contre ces aggressions et ces violations des droits humains à l'égard des personnes LGBT ; ces mêmes associations rappellent au gouvernement actuel qui travaille sur l'aménagement des garanties sociales en vue de l'adhésion du pays à l'UE, que la question des minorités sexuelles est absente de tous les débats et que l'incohérence comme la lenteur de la justice dans les affaires liées à l'homophobie ou à la transphobie ne peuvent qu'encourager d'autres tragiques récidives.

Têtu

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