29.06.2009

Pour le plaisir des yeux :-) extraits d'un doc sur la Gay Pride de Sydney

ça me donne envie d'aller en Australie, tout ça ! :-)

28.06.2009

Le zapping de la Marche des Fiertés

Michael Jackson - Gone Too Soon

Une belle affiche

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27.06.2009

Act Up : 20 ans et toujours la rage

En décembre 2008.

Sida . Les franchises médicales, la loi hôpital ... Pour l’association, la lutte continue.

ERIC FAVEREAU

Libération

En décembre 2008. (Reuters)

Le romancier Paul Nizan avait eu cette expression devenue légendaire : «J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie.» L’association Act Up préfère, elle, hurler : «Nous sommes au regret de vous annoncer les 20 ans d’Act Up-Paris».

On a compris, 20 ans exactement, et ce n’est pas franchement une fête. C’était le 26 juin 1989, lors du défilé de la Gay Pride. Le cortège s’ébranlait tout juste. Une quinzaine de «pédés, séropos, en colère» se sont, alors, allongés sur le sol. Ils portaient tous des tee-shirts marqués d’un triangle rose, sur lesquels étaient écrit: «Silence = Mort». Reprenant une scénographie venue directement de New York et conçue par les activistes d’une association, Act Up-New York, fondée en 1987.

Act Up-Paris était né. Et l’association la plus turbulente de France allait profondément marquer le paysage de la lutte contre le sida en France. Mêlant l’image et la colère. Se servant de l’outrance pour faire bouger les lignes. Au point d’agresser parfois des responsables. Mais aussi développant une expertise dans la prise en charge des patients et de leurs traitements. Vingt ans plus tard, et après plus de 100 000 morts en France , Act Up est toujours là, menaçant à plusieurs fois de s’autodissoudre, puis repartant au combat, et aujourd’hui dans un environnement bien moins tonique, elle se débat contre les immobilismes en tous genres. «L’urgence ? Il y en a partout. L’urgence, c’est de maintenir les acquis mais aussi de se battre pour que les promesses du Nord vers les pays du Sud soient maintenues. Ce n’est pas le travail qui manque», disent, à l’unisson, Stéphane Vambre et Safia Soltani.

Cocktail. Lui a 36 ans, elle a 34 ans. Lui est gay, séropo, chargé de la collecte de fonds dans l’association. Elle, infirmière, travaille avec les toxicomanes dans des programmes de réduction de risques. Aujourd’hui, tous les deux sont les présidents d’Act Up. Un duo inédit. A un moment, elle a été son infirmière lors de son hospitalisation à l’hôpital Pompidou à Paris. «Le fait que l’on a été lié sur le plan des soins ? On ne l’a dit que le jour de l’élection, ce n’était pas une stratégie de campagne», raconte Safia. Certes … Mais Act Up a toujours été habile dans le choix de ses présidents. Bien sûr, il y a eu d’abord Didier Lestrade, son fondateur, journaliste un temps à Libération. «En devenant séropo, je suis entré progressivement dans une logique de militant, et surtout, nous confiait-il, je me suis toujours dit que ma vie ne serait plus jamais pareille.» Avec lui, comme avec tant d’autres activistes, s’est opéré un étonnant cocktail où une maladie personnelle s’est transformée en un combat collectif. Didier Lestrade criait sans discontinuer. Avec une incroyable force, il a construit Act Up, imposant ses codes, ses colères et un discours très politique où l’Etat était mis en accusation pour la faiblesse de sa réponse devant l’épidémie.

C’est lui qui a imposé la théâtralisation des actions, répétant : «Ce qu’il faut, c’est une image pour la télé». Et cela a marché. Comme cette image du préservatif sur l’obélisque de la Concorde.

«Pays de merde». Puis il y a eu Clews Vellay, personnage excentrique, folle quand il fallait et brutal quand il le fallait aussi. Sa mort a profondément touché l’association. Puis Christophe Martet et ses propos violents lors d’un Sidaction télévisé en 1996 : «La France est un pays de merde!» Mais aussi Philippe Mangeot, intellectuel brillant. Puis la première femme, qui plus est séronégative, Emmanuelle Cosse, et bien d’autres encore.

Act Up aime surprendre. Et aime toujours les coups d’éclat. «Comment casser l’indifférence ? Les gens pensent que c’est fini le sida avec les traitements, mais les effets secondaires, et tout le reste… La semaine dernière, j’étais encore hospitalisé», raconte Stéphane. Qui ajoute : «Nous, à Act Up, on reste persuadé que l’on peut mettre un terme à l’épidémie. Ici, comme ailleurs.» «La lutte, aujourd’hui, n’a jamais été aussi politique, poursuit Safia. Se battre contre la loi sur l’hôpital, les franchises, pour la non-expulsablité des malades. Et la prévention, c’est un combat politique. Où en est-on du préservatif gratuit ?» Puis elle insiste : «Avec l’histoire, nous sommes des experts de la maladie, présents dans toutes les structures où il y a des patients.»

Europe Ecologie. Certes, mais aujourd’hui, la mobilisation est fragile . Les finances de l’association sont loin d’être florissantes. Et quel discours tenir ? Le nouveau duo insiste. «Il y a tant de choses à faire.» A gauche ? Tous les deux le sont. Mais hésitent. «Il faut vraiment en parler ?»En 1997, Act Up avait lancé un mouvement : «Nous sommes la gauche.» Le duo présidentiel finit par reconnaître qu’ils ont voté, tous les deux, lors des dernières élections, pour Europe Ecologie. «Dans leur programme, il y avait tout notre programme», explique Stéphane. Safia ajoute : «Mais je ne savais pas pour qui Stéphane avait voté.» Bien sûr, tous les deux seront, ce samedi, à la Gay Pride.

Les 20 ans d'Act-Up : témoignage

D'autres témoignages ICI

Il y a 40 ans : les émeutes de Stonewall...

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Defend Equality

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La marche des fiertés LGBT célèbre 40 ans de lutte

RÉCIT

La marche des fiertés part ce samedi à 14 heures de Montparnasse. Retour sur une histoire tourmentée.

Libération.

BARTHOLOMÉ GIRARD

Durant la Gay Pride à Paris en 2006.

Durant la Gay Pride à Paris en 2006. (Philippe Wojazer / Reuters)

«Ce n’est pas la Gay Pride, mais la Marche des fiertés LGBT!» souligne avec humour Philippe Castel, porte-parole de l’Inter-LGBT (Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans). La fédération organise l’évènement qui se tient à Paris, chaque année, le dernier samedi de juin, et tient au titre exact: il reflète l’évolution du mouvement pour la lutte homosexuelle qui a éclaté le 28 juin 1969, dans un bar de Greenwich village, à New York. Dans la Christopher Street, au Stonewall Inn, une descente de police avait viré à l’affrontement entre forces de l’ordre et clients «efféminés».

L'année suivante, pour commémorer cette nuit violente, les homosexuels défilaient dans la rue : à l'appel du Gay Liberation Front, 2000 personnes remontaient la 6e avenue. La «Christopher Street Liberation Parade» était la première marche organisée pour lutter contre l'homophobie. L'ancêtre de ce qu'allait ensuite, tour à tour, porter le nom de «Gay Pride», «Gay and Lesbian Pride», «LGBT Pride», ou encore «Pride Parade».

En France, depuis 2001, elle s'appelle «Marche des fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans». «La dénomination prouve qu'il y a eu ouverture et unité», ajoute Philippe Castel. Cette année, le thème est la commémoration de Stonewall Inn. 40 ans de lutte à célébrer. Comme si une histoire de la lutte, entre éclatements et unité, pouvait se dessiner.

Années 70 : la colère explose

«Vous dites que la société doit intégrer les homosexuels, moi je dis que les homosexuels doivent désintégrer la société», déclame alors Françoise d'Eaubonne, tête d'affiche du FHAR (Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire). Le vent des révoltes aux États-Unis souffle sur la France. La décennie post-68 marque le déchaînement de groupes radicaux qui se dressent face aux «hétéro-flics», en participant notamment aux manifestations syndicales du 1er mai. «C'était chaud, tendu et rigolo en même temps. Les slogans étaient, par exemple : 'Papa, Maman : ton fils est une fille' ou 'Tiens Marchais, voilà du muguet'», raconte Joëlle Matos, qui a participé aux évènements. «C'était la première fois que ces gens se retrouvaient ; ils étaient homos, ils en avaient marre, et voulaient crier. On était loin d'un discours cohérent, plutôt dans l'hystérie», poursuit Alain Burosse, membre à l'époque du FHAR. Côté lesbien, les Gazolines et les Gouines rouges rythment la décennie («A bas l'ordre bourgeois et l'ordre patriarcal, à bas l'ordre hétéro et l'ordre capitalo, nous les gouines, les lesbiennes, les vicieuses, les infâmes, nous aimons d'autres femmes» chante Marie-Jo Bonnet en 1972).

C'est aussi le début de la médiatisation : Guy Hocquenghem, figure de proue du mouvement, publie dans Le Nouvel Obs une lettre à sa mère, où il fait son coming-out ; des journaux comme Le Fléau social et L'Antinorme apparaissent. Dans les grandes villes, des GLH (Groupe de Libération Homosexuelle) se forment, soucieux de créer des groupes de paroles pour briser la solitude de certains, et distribuer des tracts. Exemple : «Nous sommes des enculés, et vous ?». Il faut choquer, faire bouger les lignes. Puis vient le temps du rassemblement : en 1979, Jacques Fortin et d'autres organisent les premières Universités d'été du GLH à Marseille, invitant des groupes et associations de toute la France. La même année, le magazine Gai Pied est créé, marquant la naissance d'une «communauté».

Années 80 : la communauté décimée par le Sida

Les Universités d'été actent la naissance du CUARH (Comité d'Urgence Anti-Répression Homosexuelle), première fédération de groupes homosexuels. Le rejet systématique des normes, qui a marqué la décennie précédente, se double désormais d'un paradoxe : l'aspiration à l'égalité dans le droit. Catherine Gonnard, membre à l'époque du CUARH et du MIEL (Mouvement d'Information et d'Expression des Lesbiennes) raconte : «La première 'marche des fiertés' a eu lieu le 4 avril 1981. Pour la première fois, nous étions plusieurs milliers. Nous nous sommes rendu compte que nous pouvions changer les choses, en faisant des pétitions par exemple.» Mais avec la dépénalisation de l'homosexualité en 1982, la virulence s'apaise. Après les 10 000 marcheurs de 1981, ils sont moins de 5000 à se réunir chaque année.

Patrick Cardon estime que l'époque est à «la normalisation progressive», avec davantage d'existence dans les médias, voire de commercialisation de la marche, mais moins de revendications politiques. Surtout, le SIDA frappe, décimant en premier lieu la communauté gay. C'est dans ce contexte que Didier Lestrade créé Act Up en 1989, sur le modèle de l'association américaine éponyme, «inventant un look, un vocabulaire et des modes d'action visibles, plus violents». La même année, à la marche, les «act-upiens» font leur premier «dying», se couchant au sol pour mimer les morts du SIDA. «Cétait une façon de faire totalement neuve en France, poursuit Didier Lestrade. Nous avions des objectifs pragmatiques. Il fallait communiquer, choquer avec des slogans comme 'Sida is disco' ou 'Power to the tapioles'.» Les premiers chars apparaissent.

Années 90 : la mobilisation à grande échelle

Après le retrait de l'homosexualité de la liste des maladies mentales de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), les gay prides se multiplient dans l'Hexagone : de 1994 à 1996, une dizaine de villes entrent dans la marche. En 1997, l'Europride, qui invite les militants de toute le continent, réunit 250 000 marcheurs. A la même époque, le mensuel Têtu fait son apparition. Didier Lestrade, co-créateur du magazine, tient à accorder une place importante au SIDA dans ses pages, ne craignant pas l'amalgame Gay = SIDA : «Le combat contre le SIDA a été tellement bien mené en France, que c'est au contraire devenu une vitrine pour la cause gay», assure-t-il.

En 1994, des militants créent l'association SOS Homophobie, avec une ligne téléphonique pour recueillir les appels de victimes. Puis, en 1997, démarrent la publication d'un rapport annuel : «Aucun autre organisme ne faisait notre travail, et il fallait faire état de ce qui nous était raconté sur la ligne pour que les pouvoirs publics puissent adopter des mesures adéquates», explique Christine Le Doaré, alors présidente de l'association.

Le débat sur le PACS (Pacte Civil de Solidarité), dans les années 1998-99, joue un rôle capital selon Caroline Fourest, alors présidente du CGL (Centre Gay et Lesbien) : «Il a permis de faire des problématiques LGBT des questions de société qui concernaient tout le monde, et pas seulement la 'communauté' : il fallait faire preuve de pédagogie pour expliquer que la revendication du PACS n'était pas communautariste, mais égalitaire». Trouvant un juste milieu entre le mariage et le concubinage, elle estime que la création de ce contrat a été un bouleversement : «En un an, on a changé l'époque.»

Années 2000 : les lois se font attendre

«L'avancée des mentalités dans le cadre politique est énorme. Du côté des mouvements gays et lesbiens, je sens davantage de stagnation», soutient Caroline Fourest. En effet, même si le succès des marches des fiertés ne se dément pas, l'engagement associatif ralentit depuis quelques années. «Avec l'épidémie du VIH et le combat pour le PACS, la population homosexuelle s'est resserrée au cours des années 80-90. L'Europe elle-même, depuis 15 ans, a été un laboratoire législatif de premier ordre», ajoute Jacques Lizé, président de SOS Homophobie. Mais, depuis le PACS, rien de révolutionnaire : le statut du beau-parent, promesse du candidat Nicolas Sarkozy en 2007, est toujours en discussion. Le mariage et l'adoption sont toujours refusés. Mais Jacques Lizé estime que ces attentes, bien qu'elle soient frustrantes, fédèrent les associations : «Désormais, les revendications sont claires et unifiées. Les gens qui rejoignent notre association, par exemple, sont attirés par notre travail d'expertise, constructif, plus que par des tracts, des manifestations ou des pétitions. Mais la marche des fiertés LGBT, avec son aspect collectif, parfois choquant et joyeux, est encore primordiale.»

La campagne de prévention : "une IST ce n'est pas"

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