02.07.2009

Prévention, sérotriage... Act Up-Paris contre les idées reçues

Jauger par soi-même le statut sérologique de son partenaire, ou ajuster ses stratégies de prévention en fonction de sa charge virale: inutile et dangereux pour l'association qui souhaite remettre les pendules à l'heure grâce à une campagne d'affichage.

Depuis le 25 juin dernier, des affiches roses flashy sont visibles dans les établissements gays et les rues de la capitale. Act Up-Paris a décidé de «remobiliser la communauté sur la prévention», en faisant remarquer que l'INPES (Institut national de Prévention et d'Education pour la Santé) n'a plus mis en place de campagne ciblée gay depuis deux ans.

Or, selon l'association, c'est laisser le champ libre à des idées reçues dangereuses qui conduisent à négliger l'usage du préservatif. Première d'entre elles: le «sérotriage» ou la prise de risque entre personnes supposées séronégatives. Une supposition qui en général ne repose sur pas grand chose, comme le rappelle cette première affiche. «La certitude d'être séronégatif disparaît dès le premier rapport non protégé et le doute augmente inexorablement au fur et à mesure des prises de risques», rappelle Act Up-Paris.

Deuxième idée reçue, celle selon laquelle les traitements efficaces et la réduction de la charge virale empêchent la transmission du virus, et permettent de se passer de la capote. «Nous constatons que des déclarations hâtives ont créé une certaine confusion dans la communauté et regrettons qu'aucune campagne ne vienne clairement rappeler qu'avoir une charge virale indétectable dans le sang ne veut pas dire pouvoir se passer de préservatif», rappelle Act Up-Paris, qui illustre cette position dans un deuxième jeu d'affiches.

«À force de décrier l'efficacité du préservatif, en lui opposant de soi-disant méthodes de prévention alternatives, les gens pensent "gérer le risque" et au final prennent des risques», déplore au bout du compte Act Up-Paris.

Lu sur Têtu

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