27.11.2009

Inquiétant...

censure.JPGLes gays et les lesbiennes seraient-ils de plus en plus réduits au silence sur Internet? Au vu des politiques de filtrages de certaines grandes entreprises et institutions françaises, la question mérite que l’on s’y penche.

En effet, impossible pour les employés d’EDF, de France Télécom et de la SNCF ou pour les utilisateurs du wifi dans certains lieux publics d’accéder à certains sites gays ou lesbiens. Exit donc notre cher Yagg, comme bien d’autres sites d’informations LGBT, qui se retrouvent en un coup de clic magique relégués au rang des sites au contenu “blasphématoire” ou “pour adulte”.

Exemple: dans une médiathèque de la Mairie de Paris, Yagg est inaccessible! Une constatation vérifiée auprès de Michel Trentadue, adjoint au directeur des systèmes et technologies à la Mairie de Paris: “notre politique de filtrage est en adéquation avec le code pénal interdisant toute diffusion de messages à caractère violent ou pornographique”.

“SEXE”, “DROGUE”, “ARME”, “HOMOSEXUALITÉ”: TOUS DANS LE MÊME PANIER?
“L’administration fait un réel amalgame entre homosexualité et pornographie”, déplore Cyril Bauchais, président de Mobilisnoo, l’association LGBT de France Télécom/Orange.  Alors “sexe”, “drogue”, “arme”, “pédophilie”, “homosexualité”: tous dans le même panier? Pas vraiment…

S’il est impossible de visionner certains sites, d’autres passent à travers les mailles du filet comme ceux de SOS homophobie ou d’associations LGBT des entreprises. Chez France Télécom, Tetu.com est consultable, Yagg.com non, et inversement dans d’autres entreprises. Sur les ordinateurs publics de la Mairie de Paris, la rubrique “homosexualité: accepter l’homosexualité” du site Sexoconseil est filtrée, pas  “Comprendre son homosexualité” sur le site Atoi2voir dans lequel est écrit noir sur blanc “l’homosexualité peut-elle être soignée?” Difficile donc de déterminer quels mots ou quelles catégories sont blacklistés de la toile par les administrations. Et celles-ci de rester très obscures quant à leur réelle politique de filtrage. “Rien n’est illégal si les entreprises informent leurs salariés comme à travers une charte”, indique la Cnil.

BIG BROTHER N’EST PAS TRÈS LOIN
Toujours est-il qu’au-delà de l’amalgame homosexualité = pornographie, c’est en réalité la tendance générale voulant réduire la sphère du privé sur le lieu de travail qui fait peur. Big Brother n’est pas loin… “La SNCF affichait sur ses murs le top 10 des sites les plus vus par les agents et interdit maintenant les messageries personnelles”, raconte Jérôme Bougerolles, président de l’association Gare! (”les gays et les lesbiennes de la SNCF”) avant de confier qu’un mail envoyé de sa messagerie professionnelle à son petit ami lui avait été retourné sous prétexte qu’il contenait des mots sexuels en anglais!

Ce triste constat fait écho à la vague de filtrage mondial. Nos voisins anglais, roumains et danois s’apprêtent eux aussi à ordonner à leurs fournisseurs d’accès de filtrer le web au nom de sa sécurisation. Pouvons-nous d’ores et déjà imaginer que les sites parlant d’homosexualité soient définitivement rayés de la toile au nom de la lutte contre la pornographie dans ces pays? Ou pire encore que cette vague de restriction des libertés atteigne la France?

Raphaëlle Santini, Yagg.

25.11.2009

Sida: la baisse des nouvelles contaminations s’est poursuivie en 2008, selon l’Onusida

L’Onusida, le programme commun des Nations Unies, vient de remettre son rapport annuel, quelques jours avant la Journée mondiale contre le sida. Il y a de plus en plus de séropositifs. C’est forcément une mauvaise nouvelle. Mais cela recouvre deux réalités différentes. Un, les taux de transmission du VIH restent à un niveau très élevé et la prévention n’atteint pas forcément les groupes les plus vulnérables. Deux, l’effet bénéfique des traitements se fait sentir chez un plus grand nombre de personnes, ce qui pour elles est en revanche une bonne nouvelle.

Selon l’Onusida et son rapport sur l’état de l’épidémie fin 2008, environ quatre millions de séropositifs dans les pays du Sud recevaient un traitement antirétroviral, un chiffre multiplié par dix en cinq ans.

Même si la courbe de décès connaît un fléchissement, le sida reste dans de nombreux pays synonyme de mort: l’Onusida estime que deux millions de malades du sida sont morts l’an passé.

Il y a également moins de nouvelles contaminations. Il semblerait selon l’Onusida que le pic de nouvelles infections ait été atteint en 1996 avec environ 3,5 millions de personnes infectées cette année-là (soit une infection toutes les 11 secondes). En 2008, l’estimation du nombre de nouvelles contaminations est de 30% inférieur aux chiffres de 1996, avec 2,7 millions de contaminations nouvelles.

LE SIDA, UN RÉVÉLATEUR SOCIAL
Faut-il se satisfaire de cette décrue? Certainement pas. Trente pour cent de baisse en 13 ans, ce n’est pas suffisant et cela montre que les moyens n’ont pas été à la hauteur de l’enjeu, tant en matière de prévention que d’accès aux traitements et aux soins. Sans parler de l’accroissement du nombre de pays où la criminalisation de la transmission du VIH est appliquée. L’épidémie de sida reste un problème de santé publique majeur et en Asie notamment, la transmission hétérosexuelle est en augmentation. Si le rapport de l’Onusida indique que les campagnes de prévention marchent, il souligne aussi que certaines populations, les femmes, les usagers de drogue, mais aussi les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, doivent être particulièrement visées par les programmes de lutte contre le sida, pays par pays. Une gageure le plus souvent, car de très nombreux pays africains et asiatiques  – qui connaissent des taux d’infection très élevés parmi les gays – ont des législations qui pénalisent l’homosexualité. Vingt-huit ans après les premiers cas, le sida reste un révélateur social. Il touche toujours aussi massivement les populations les plus marginales et les plus vulnérables à travers le monde.

23.11.2009

On tue des trans’. Dans le silence?

6a0120a5a88f9d970b0120a6c773ff970b-800wi.pngPar Louis-Georges Tin

Chaque année, le 20 novembre, est célébré le TDOR, le Trans Day of Remembrance. Du coup, vendredi dernier et pendant tout ce weekend, des actions ont eu lieu dans plusieurs villes du monde entier, pour célébrer la mémoire des personnes trans’, transsexuelles ou transgenres, qui ont été victimes de passages à tabac, de viols, de meurtres, etc. Sur Internet, plusieurs vidéos (cliquez ici, ici ou ) tentent de donner quelque idée de cette violence effrayante, dont on ne parle guère.

En France aussi, le TDOR a été célébré: le festival Chéries-Chéris a organisé une séance spéciale à Paris, au Forum des Halles, autour du film de Kirsty Macdonald, Assume Nothing; à Lyon, l’association Chrysalide a organisé avec la LGP de Lyon et le cinéma Écrans Mixtes une projection débat sur la transidentité, autour du documentaire de Cynthia Arra et Melissa Arra, L’Ordre des mots. A Strasbourg, Rennes, Montpellier, Lille, Nantes, Aix-en-Provence ou ailleurs, des actions de toutes sortes ont eu lieu.

Les agressions physiques sont sans conteste le chapitre le plus sinistre de la transphobie internationale. Or bien souvent, la police bâcle les enquêtes, voire refuse de s’y intéresser, surtout lorsqu’il s’agit de personnes prostituées. Pire, il arrive que les policiers participent eux-mêmes aux violences: ils vont parfois jusqu’à soumettre les trans’ au chantage sexuel, en les menaçant de prison, comme le montrent les rapports d’Amnesty International. Dans ces conditions, la police s’avère peu disposée à lutter contre les agressions transphobes. Dès lors, la justice n’intervient guère. Les dossiers sont classés. La violence continue. Dans le silence.

Malheureusement, la presse ne couvre guère ces violences ordinaires. Quand elles ne sont pas tout simplement écartées, ce qui est le cas le plus fréquent, les mises à mort sont souvent évoquées dans les brèves, et ne sont pas désignées comme telles. Elles sont présentées comme des faits divers plus ou moins obscurs, qu’on expédie en trois ou quatre lignes, dans l’indifférence générale. Or cette violence a un nom: il s’agit de transphobie. Et c'est pourquoi nous avons choisi ce thème en 2009 pour la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie. Le mot est important, et cette invisibilité, même après la mort, renforce la violence subie pendant la vie.

C’est cette réalité tragique et cette absence de visibilité dans les médias ont incité les ami/es des victimes à créer le TDOR en 1999, le Trans’ Day Of Remembrance. Ils ont créé un site internet qui s’intitule «Remembering our dead», mémorial funèbre où s’égrène la liste interminable des noms de celles et ceux qui, par centaines, sont tombés sous les coups de leurs bourreaux dans ces dernières années, aux États-Unis.

A défaut de pouvoir empêcher les crimes, on tente du moins d’en garder quelque trace. C’est aussi ce à quoi travaille le Trans Murder Monitoring Project. Pour autant que l’on puisse se fier aux chiffres, nécessairement lacunaires, entre janvier 2008 et juin 2009, la région la plus sinistrée fut l’Amérique: 82 meurtres transphobes perpétrés au Brésil, 20 au Vénézuéla, 16 aux États-Unis, 11 en Colombie, 10 au Guatemala, 10 au Mexique, 5 au Honduras, 3 en Argentine, et 3 en République dominicaine.

Le film qui fit le plus pour connaître la violence transphobe est sans doute Boys don’t cry, réalisé par Kimberly Peirce en 1999, et qui raconte l’histoire (vraie) de Teena Brandon, devenue Brandon Teena, jeune homme transsexuel, frappé, violé et assassiné, en raison de son identité de genre. Hilary Swank reçut l’Oscar du meilleur rôle féminin pour son interprétation remarquable, mais la pierre tombale de Brandon conserve sa mémoire toujours au féminin: l’épitaphe évoque notre «fille, sœur et amie», dernier outrage fait au défunt après sa mort.

En France, le seul exemple qui ait un tant soit peu ému l’opinion publique est le meurtre de Jean-Pierre Humblot, à Nancy, en 2003. Cet homme travesti fut tabassé par deux jeunes gens, puis jeté à l’eau où se noya. Les deux agresseurs expliquèrent qu’ils faisaient partie d’un groupe qui avait l’habitude d’agresser les homosexuels… «pour s’amuser». Mais la police n’avait jamais arrêté personne. L’affaire suscita une certaine émotion dans la région, car l’association Homonyme se saisit de l’affaire, poussant le maire de la ville à déposer une plaque à l’occasion du 17 mai 2005, journée mondiale de lutte contre l’homophobie. Mais là encore (et ce fut souvent le cas dans l’affaire de Brandon Teena), ce meurtre fut souvent présenté comme une violence homophobe, là où il faudrait parler aussi, si ce n'est avant tout, de transphobie.

Enfin, la dernière violence physique qu’il faudrait évoquer est… le suicide. En effet, stigmatisées, dicriminées, rejetées, harcelées, les personnes trans’ sont souvent acculées aux dernières extrémités, et en particulier les jeunes, naturellement plus vulnérables. Selon l’enquête réalisée par HES et le Mag, 34% des jeunes trans’ déclarent avoir déjà fait une tentative de suicide… Le ministère de la Santé a réalisé récemment cinq courts-métrages remarquables, qui tentent de lutter contre l’homophobie, et le suicide des jeunes homosexuels; j'ai moi-même fait partie du jury chargé de sélectionner les scenarii; mais ne faudrait-il pas que les autorités publiques, le ministère de l’Intérieur, le ministère de la Justice, par exemple, fassent de même pour lutter contre les violences transphobes en France? Jusqu'ici, aucune action d'ensemble n'a jamais été entreprise. N'est-il pas temps d'affronter ce problème?

 

22.11.2009

Serge Hefez, un psy qui fait du bien !

20.11.2009

Lettre ouverte au ministre de l'éducation nationale : l'école doit être le rempart contre l'homophobie dans les cités ghettos, par Franck Chaumont

stophomophobie.jpgMonsieur Chatel, avez-vous entendu les cris de détresse de jeunes filles et garçons homosexuels vivant dans les cités qui se sont exprimés dans des livres et dans la presse depuis le mois d'octobre ? Je n'en doute pas !

Qui sont-ils ? Ils font partie de la jeunesse sur lequel notre pays doit miser. Ils habitent dans des quartiers populaires devenus depuis plus de trente ans des cités ghettos où sévit la misère sociale, affective et sexuelle.

Ils s'appellent Nadir, Sébastien, Cynthia, Dialo ou Nadia. Ils sont blacks, blancs ou beurs. Certains rasent les murs, le regard fuyant. D'autres se la jouent virils et vont même jusqu'à casser du pédé à l'occasion. Mais tous ont en commun le mensonge et la schizophrénie liés à leur double vie et à la peur d'être démasqués.

Tous vivent dans des quartiers où la modernité n'a pas pénétré et qui ont en conséquence produit une "culture de la cité basée" sur le rapport de force permanent, le contrôle social et communautaire. Dans ces cités où l'hypervirilité et le machisme sont des valeurs suprêmes, l'homosexualité est considérée comme une déviance qu'il convient de rejeter, de bannir : l'homo est un faible qu'il faut écarter ou punir !

Oui, monsieur le ministre, être gay ou lesbienne aujourd'hui dans nos cités est passible des pires rétorsions. Le scandaleux refus du club de foot Bebel Créteil de jouer contre l'équipe du Paris Foot Gay n'est-il pas l'illustration la plus flagrante de l'instrumentalisation de la culture et de la religion par des mouvances intégristes qui enrôlent des jeunes en manque d'identité, frappés par les discriminations et le chômage de masse ?

Certes l'homophobie n'est pas le seul apanage de nos cités, mais comme le révèle les travaux de l'association SOS Homophobie, les agressions homophobes dans les quartiers ghettos sont d'une violence morale et physique supérieure à celles subies dans d'autres territoires et proviennent pour la plupart de l'entourage immédiat des victimes.

Bien plus que la politique de la ville, qui s'est révélée depuis trente ans inefficace dans la lutte contre la ghettoïsation, nos espoirs se tournent aujourd'hui vers l'éducation nationale, qui est le cadre adéquat à la pédagogie du respect et de la lutte contre l'ignorance.

Dans une société "hétéro-centrée", il faut aborder, avec les enfants dans les écoles primaires, les adolescents dans les collèges et lycées, l'homosexualité et au-delà l'acceptation des diversités et des différences.

Or, la question de l'homosexualité est la grande absente de l'éducation nationale. En dépit de circulaire alibis, l'institution reste d'une grande pudibonderie.

Il faut aujourd'hui que l'école sorte de son conservatisme et s'engage dans une véritable lutte contre l'homophobie.

Les enseignants et le personnel éducatif que j'ai rencontrés lors de mon enquête pour l'écriture d'Homo ghetto sont volontaires mais s'avouent démunis de matériel pédagogique, sans aucune directive de l'éducation nationale, ni formation.

La distribution sporadique d'une affiche et d'un numéro vert dans les établissements scolaires ne peut suffire et il vous appartient aujourd'hui d'engager une politique résolument volontariste en incluant dans les programmes scolaires la lutte contre les discriminations en raison de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre. La référence et la norme ne doivent plus être basées seulement sur l'hétérosexualité mais doivent aussi prendre en compte la diversité, à égalité des orientations sexuelles.

Enfin, les associations LGBT doivent pouvoir accéder aux établissements scolaires pour y entamer des campagnes d'informations, des débats avec les élèves et le personnel pédagogique. Est-il normal que SOS Homophobie soit l'une des rares associations à avoir obtenu l'agrément de l'éducation nationale, et cela depuis le mois de septembre seulement ? Non, assurément !

Un temps de réflexion et de débat doit être organisé chaque année afin de lutter et déconstruire les schémas sexistes et homophobes trop souvent ancrés dans les esprits.

C'est pourquoi l'éducation nationale serait bien inspirée de créer une véritable semaine de lutte contre l'homophobie à l'image de la semaine d'éducation contre le racisme qui, malheureusement, tend à tomber en désuétude.

Il y a urgence à agir car les jeunes adolescents homosexuels sont les plus exposés au suicide. Dans nos cités, ils n'ont de recours et de solution que dans les subterfuges, la fuite ou la rupture familiale.

Une république peut-elle s'enorgueillir de contraindre une partie de sa jeunesse à la clandestinité ? Assurément non, monsieur le ministre !

Franck Chaumont, auteur d'Homo ghetto : gays et lesbiennes dans les cités. Les clandestins de la République. Ed. Le Cherche Midi, 2009. Ancien journaliste à Beur FM et RFI puis responsable de la communication de Ni putes ni soumises jusqu'en 2007.

Le Monde

18.11.2009

La rage contre les franchises médicales...

Résultats de l'enquête Prévagay

Toute la vérité sur Christian VANNESTE !

 

Les chiffres préoccupants de l'enquête Prevagay

VIH.jpgTêtu

Peu voire pas de dépistage, statut sérologique ignoré, pratiques à risque... Les premiers résultats de l'étude Prevagay dans les établissements gays parisiens sont tombés, et montrent qu'il ne faut pas relâcher les messages de prévention.

L'enquête Prevagay, lancée au printemps dernier dans des établissements gays parisiens, vient de livrer ses premiers résultats. Près de 18% des participants à cette étude (approchés dans quatorze bars, saunas et backrooms gays parisiens) étaient séropositifs, dont 20% qui ne connaissaient pas leur séropositivité, selon les premiers résultats publiés mardi par l'Insitut de Veille sanitaire (InVS).

Données de terrain
L'objectif de Prevagay était de mesurer la proportion réelle de personnes porteuses du VIH, en recueillant les déclarations des participants sur leur statut sérologique supposé, mais surtout en confrontant ces déclarations aux analyses d'une goutte de sang prélevé. Outre des données biologiques objectives, cette enquête souligne ainsi la méconnaissance des personnes interrogées sur leur statut sérologique. En soi, l'échantillon de personnes retenues dans cette étude ne permet pas de tirer une généralité valable pour l'ensemble des gays, mais il sous-entend que dans les autres études, qui reposent uniquement sur les déclarations des participants, la proportion de séropositifs est sans doute sous-estimée.

Ces résultats devraient donc permettre de renforcer la prévention et le dépistage parmi les gays, alors que les données en Europe et en France dépeignent, selon l'InVS, «une situation préoccupante: les rapports sexuels entre hommes sont le seul mode de contamination pour lequel il n'ait pas été enregistré de baisse des nouvelles contaminations depuis le début de la décennie».

Au moins un rapport non protégé pour 57% des participants
Au total, 917 hommes ont accepté de participer à l'enquête. Sur les 886 tests et questionnaires validés, 157 participants ont été diagnostiqués séropositifs pour le virus du sida, soit 17,7%.

Ces hommes possédaient un niveau d'étude élevé, étaient majoritairement nés en France, et déclaraient un nombre important de partenaires sexuels masculins occasionnels (26% plus de 50 partenaires dans les 12 derniers mois). Mais, plus grave, 57% déclaraient avoir eu au moins une pénétration anale non protégée dans cette période.

Peu voire pas de dépistages
Parmi ces hommes séropositifs, un sur cinq ignorait son statut sérologique positif. Ces hommes sont en moyenne plus jeunes que ceux qui connaissaient leur séropositivité, avec un âge médian de 37 ans (contre 41 ans). Autre enseignement préoccupant, 22% n'avaient jamais eu recours au test de dépistage VIH dans leur vie, alors que les scientifiques insistent régulièrement sur le danger d'une prise en charge tardive de la maladie. Plus on se soigne tôt, plus les traitements sont efficaces, c'est le message qu'il faut continuer à marteler vers ceux qui évitent les tests de dépistage.

Première en France, cette étude a été réalisée avec le soutien des associations lesbiennes, gaies, bisexuelles et transsexuelles ainsi qu'avec l'Agence nationale de Recherche sur le Sida et les hépatites virales (ANRS). Les résultats finaux (intégrant les hépatites B et C) seront communiqués au premier trimestre 2010.

17.11.2009

Humeur...

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