25.04.2008
Image de soi

Tableau : Pablo Picasso, Portrait of Daniel-Henry Kahnweiler, 1910
Daniel-Henry Kahnweiler, oil on canvas by Pablo Picasso, 1910; in the Art Institute of Chicago.
Quand on est atteint d’une maladie grave et chronique, se pose immanquablement la question de l’image que l’on veut donner de soi aux autres. Veut-on paraître malade ? pour se faire plaindre et/ou se faire choyer… Veut-on paraître en bonne santé ? pour dire que l’on est fort et que l’on traverse l’épreuve la tête haute… Pour ne pas non plus être renvoyé sans cesse à sa maladie. Entre ces deux extrêmes, il existe, il me semble, toute une gamme de positions intermédiaires, faites d’un dosage entre l’image de malade et de bien-portant que l’on souhaite donner à son entourage. Je pense que je suis dans cet entre-deux : parfois je veux être reconnu comme malade, ne serait-ce que parce que je souffre vraiment de ma situation, pour diverses raisons. Mais parfois aussi, je souhaite être perçu comme bien-portant, ou tout du moins, comme pas trop mal portant. Je ne peux pas me dire ni franchement malade, ni franchement bien-portant. En revanche je veux paraître tel que je suis : en difficulté. Parce que c’est la réalité et que la nier ne m’avancerait à rien. Ensuite parce qu’être en difficulté n’est pas une honte. Nous pouvons tous être mis en difficultés dans notre existence pour de multiples raisons, dont la maladie ou une pathologie chronique qui peut être invalidante. Je ne souhaite pas donner une image fausse de moi, celui de quelqu’un qui vivrait sa séropositivité la fleur au fusil, parce que ce n’est pas le cas. C’est dur, ça râpe, c’est douloureux, mais j’essaie de me battre pour ne pas couler. Je m’accroche à tout ce qui peut me maintenir hors de l’eau : mon compagnon, ma famille, mes amis, mes affections, mon travail. Je voudrais aussi m’accrocher à la thèse de doctorat que j’ai entreprise, mais là je butte pour une raison que je peine à déterminer. Peut-être parce que travailler sur cette thèse me ramène trop à mes angoisses, me renvoie à l’intérieur de moi-même, à mes doutes sur mes capacités physiques, mentales et intellectuelles. Alors que corriger les copies de mes élèves me sort de moi-même et me fait entrer dans leur monde à eux. Pourtant, cette foutue thèse, je ne veux pas l’abandonner. Elle est en suspend, mais j’espère m’y remettre pour de bon. Peut-être aussi que je me laisse un peu aller sur ce plan et que je ne fais pas l’effort que je devrais faire. Il est vrai aussi que je suis psychologiquement fatigué.
Je ne veux avoir l’air ni de quelqu’un de faible, ni de quelqu’un de fort, simplement de quelqu’un qui fait ce qu’il peut pour s’en sortir et qui parfois a du mal à y parvenir ! Sinon, ce blog n’existerait pas.
17:13 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : séropositif, image, soi, malade, bien-portant
17.04.2008
Ce matin je suis plein de sérénité
Je me sens apaisé, calme, bien avec moi-même, bien dans ma vie, bien avec le monde qui m’entoure. J’ai même repris à rédiger ma thèse, c’est vous dire ! Je suis assis à la table qui me sert de bureau, devant mon ordinateur, et en face de moi je vois les arbres et le jardin de la résidence.
Il y a longtemps que je ne m’étais pas senti aussi bien. Je me sens bien-portant. Eh oui, ça m’arrive. Je suis sans angoisse pour le lendemain. Je vis l’instant présent, ni plus ni moins.
Je vous souhaite une bonne journée.
11:22 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : vih, sérénité, bien-portant


